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Le temps et l'espace constituent deux dimensions essentielles de toute société. A notre époque le temps de nos montres et de nos pendules est un temps unifié, divisé en unités précises ; il est coordonné mondialement grâce au temps universel. On dit couramment que le temps s'accélère. Au sens strict c'est sans doute incorrect ; ce n'est pas tant le temps qui passe plus vite que le rapport que l'homme contemporain entretient avec lui. Il reste que le sentiment qu'il exprime est bien ressenti. Aujourd'hui, l'homme est pressé et stressé ; sa vie quotidienne ressemble à une course continue ; nul n'a plus jamais le temps ! Dans cette perspective le temps tend à devenir la dimension privilégiée par rapport à l'espace. Ce dernier paraît rétrécir à mesure que le temps semble s'accélérer. Ces modifications de perception de l'espace-temps changent les catégories de territoire et de temporalité elles-mêmes ; or celles-ci fondaient depuis toujours les relations spécifiques des hommes au réel, à la culture. A la limite, les réseaux tendent à se substituer aux lieux et l'instantanéité déconstruit la temporalite elle-même. C'est ainsi qu'un auteur comme Jean-Claude Guillebaud a pu parler de " brouillage ontologique du temps et de l'espace " ( La vie vivante, Les arènes, 2011, p. 225 ).

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Après les " Trente Glorieuses ", après l'éclipse des religions révélées, après l'émergence et l'effacement du messianisme de statut terrestre qu'était le marxisme, on a pu évoquer l'avènement d'une ère nouvelle dite parfois de la " consommation de la communication ". La circulation des informations en temps réel et la frénésie de la connexion imposées par les nouvelles technologies sont symptomatiques de l'air du temps en ce début du XXIe siècle.
La culture de l'instantanéité se fait jour, veut ignorer les délais et ne tolère ni attente ni retard. C'est le règne du tout, tout de suite, du temps accéléré, de la satisfaction sans délai des désirs. L'époque voit la mise en place d'
un nouveau schéma de la relation des hommes au temps.
C'est une temporalité totalement différente de celle du monde moderne qui imprégnait la vie de le l'homme du Moyen Âge.

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Le temps de la période médiévale n'est point unifié et strictement quantitatif. Le temps prévalent est un temps cyclique lié à la nature et aux activités agricoles qui dépendent de ses rythmes ; encore faut-il ajouter avec Jérôme Baschet que " le temps dominant de la chrétienté est assurément le temps liturgique...qui est une manière d'assumer un temps cyclique qui se superpose au temps naturel et agricole, mais le reformule et transfère le contrôle à l'Eglise " (La civilisation féodale, Flammarion, 2006, p.439 ).
C'est sur ce bruit de fond autour des mots-clés d'espace et de temps que s'ordonne, de près ou de loin, pour ce portail général le regroupement thématique de notre centaine d'études mises sur le web.

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