L'abbatiale Saint-Pierre d'Airvault

L'édifice primitif roman a été consacré en 990. L'église fut réformée en 1096 par Pierre de Saine-Fontaine
et consacrée en 1100.
Des constructions et d'importants réaménagements eurent lieu au cours des Xe, XIe, XIIe et XIIIe siècles.




La façade a été reprise au début du XIIIe siècle. Des colonnes engagées délimitent trois travées.
Un clocheton en pierre surmonte les colonnes d'angle.
Le clocher élevé sur le carré du transept comporte une flèche octogonale en pierre disposant aux angles de quatre clochetons.




Noter l'étagement des toitures du chevet, le transept saillant et la base du clocher.
Des contreforts-colonnes à trois fûts épaulent le chevet.




La façade occidentale comporte au rez-de-chaussée un portail central
encadré de deux portes latérales secondaires.
Le second étage est caractérisé par une grande fenêtre centrale ogivale alors que, sur le côté gauche,
une niche à arc ogival sur colonnettes abrite, comme à Melle et à Parthenay, une statue équestre mutilée
dite de l'empereur Constantin écrasant le paganisme vaincu.
Le dernier niveau est constitué d'un pignon irrégulier surplombé par un petit campanile.




Vue intérieure du narthex, à demi enterré, long de deux travées, masquant la façade primitive.
Au milieu, les voûtes d'arête et un curieux arc plein cintre en billettes emboîtées retombent
sur deux forts piliers carrés.
La porte intérieure comporte de multiples voussures à moulurations.




Le carré du transept et le choeur au second-plan.




Vue du croisillon nord du transept vers le croisillon sud.




Trois chapelles absidiales s'ouvrent sur le déambulatoire voûté d'arêtes.




Des bas-côtés épaulent le vaisseau central long de sept travées.
Ils ont conservé leur voûtement originel en berceau plein-cintre sur
doubleaux.



La grande nef centrale et la coupole du choeur ont reçu au XIIIe siècle
des voûtes angevines Plantagenêt.




Six colonnes de l' hémicycle sont couronnées par les plus beaux chapiteaux de l'église.


** Les chapiteaux du choeur ,
des chapiteaux évasés, à relief relativement prononcé et au tailloir bien décoré.





L'un des chapiteaux a pour thème la création du monde et de l'homme.
Dieu, portant un nimbe crucifère, tire Eve du flanc d'Adam couché à terre
sous un arbre à trois grandes palmes.





La tentation. Un gros serpent tentateur est lové dans un arbre. Eve a un gros fruit à la main.
Adam, qui vient de manger la pomme, se tient la gorge d'une main : il semble étouffer.
Découvrant leur nudité, Adam et Eve se cachent d'une feuille.




Le châtiment d'Adam et d'Eve expulsés du paradis terrestre.




Après la faute.
Adam et Eve qui s'étaient cachés parmi les arbres du jardin sont retrouvés par Dieu qui leur tend un linge.
Adam, genoux à terre, mains jointes, implore le pardon.
En arrière, Eve est repliée sur elle-même. Sa main gauche tenant son poignet droit, elle apparaît confuse.
Une cocarde dont la queue torsadée tombe au sol rappelle la création des éléments et de l'univers.




Un chapiteau comporte des scènes inspirées par les travaux des champs.




Les travaux des mois : travail de la terre avec une houe ;
la pénibilité du travail est rendue par l'emploi de l'outil rudimentaire.




Les travaux des mois : les semailles.
Aux pieds du paysan, la réserve de semences est symbolisée par un pot de terre.
A gauche, au-dessus de la courbure de la houe, une boule de pain marquée d'une croix évoque le pain eucharistique.




Les travaux des mois : la récolte, fruit du travail de l'homme.





Un autre chapiteau présente de beaux feuillages à nervures :
l
'exhubérance de la nature symbole du renouveau.
Le tailloir de tous ces chapiteaux du choeur comporte des palmettes et
des feuilles lancéolées dans un entrelacs de rameaux.





Une autre face présente des feuillages, des rinceaux crachés par
des figures monstrueuses et des quadrupèdes.





Une langue démesurée sort d'une bouche et finit par un abondant feuillage.
L'imagier entend probablement rappeler l'importance de la parole et
en souligner les méfaits potentiels.





De part et d'autre d'un feuillage d'angle deux masques peu rassurants laissent échapper deux langues...
Est-ce l'expression d'un dessein de nuire à autrui par la tenue d' un double langage ?








Dans le croisillon nord du transept, le tombeau de Pierre de Sainefontaine, premier abbé réformateur et
constructeur d'Airvault. Il est placé dans un enfeu à trois voussures sur colonnettes.
L'ensemble est surmonté d'un feston de cintres à modillons ( Début du XIIe siècle ).
Deux atlantes en orante agenouillés supportent le tombeau en forme de couvercle de sarcophage à deux pentes.
Neuf niches en plein cintre sont occupées par huit personnages ( apôtres ? ) encadrant le neuvième personnage au centre ( le Christ ? ).